Les origines du réseau mondial sont américaines et militaires ; au début des années 70, en pleine guerre froide, l'armée des Etats-Unis éprouva le besoin de sécuriser les liaisons naissantes entres les quelques ordinateurs de l'époque (des armoires emplissant des pièces entières et fonctionnant avec des bandes magnétiques). Il fallait notamment éviter qu'une panne de l'une de ces machines ne paralysât l'ensemble du réseau, privant ainsi l'armée des connexions. Aussi le système en étoile devait-il être abandonné, en raison de sa faiblesse évidente : le réseau dépend en effet de l'ordinateur central, et la rupture d'une liaison coupe complètement une machine de toutes les autres.

La solution qui s'imposa fût pour ainsi dire celle
d'une démocratie absolue : aucun des ordinateurs ne serait plus
important que les autres, et il n'y aurait pour la transmission de l'information
nul chemin obligé. Le réseau devient ainsi indestructible
; en cas d'explosion, d'attaque atomique, de panne de l'une des machines...
l'ensemble n'est que partiellement affecté.
Ce réseau, nommé ARPANET (pour
Advanced Research Project Agency NETwork,
i.e. Réseau de l'ARPA - l'agence de recherche de la Défense
américaine de l'époque) repose sur le principe de la Toile
qui permettra la naissance du Web une dizaine d'années plus tard.

Dans les années 70 le réseau en toile
se développa, sous l'impulsion des militaires et des chercheurs
; il reliait alors essentiellement les grands centre universitaires, et
servait à l'échange de données numériques,
d'informations binaires. Le grand public, outre le fait qu'il n'avait pas
les possibilités techniques d'y accéder, ne pouvait trouver
aucun intérêt à un tel réseau ; en effet, les
machines nécessaires à son utilisation était encombrantes
et coûteuses.
L'avènement de la micro-informatique
bouleversa les données ; par des procédés
de miniaturisation de plus en plus efficaces, on put en effet à
la fin des années 70 construire des ordinateurs dont la dimension
commençait à devenir raisonnable ; on allait pouvoir utiliser
sa machine dans son bureau plutôt que dans son garage. Pour ces raisons
de taille, on nomma ces ordinateurs des micro-ordinateurs, et la
chute du prix des composants électroniques contribua à rendre
leur achat possible pour des utilisateurs amateurs. Tous ses paramètres
contribuèrent à la naissance de l'informatique domestique
et familliale au début des années 80.
On se souvient de l'engouement
pour les premières machines dédiées à cet usage
(Thomson MO5 et TO7, Amstrad 464 et 6128...), qui à des tarifs compétitifs
(de 6000 à 10000 Francs) donnaientt accès à des programmes
ludiques et fonctionnels. Bien entendu, les capacités de ces machines
prêtent aujourd'hui à sourire : le CPC 6128 d'Amstrad était
ainsi dénommé en raison de ses 128 Kilo-octets de mémoire-vive,
pour une horloge cadencée à 4 Mhz et pas de disque dur !
Pour autant, il accueillait un langage de programmation complet (le fameux
Basic) et supportait des applications stables qui remplissaient leur rôle.
Ainsi, les conditions préliminaires à l'émergence d'un Réseau mondial accessible à tous étaient remplies. La zone d'ombre qui persiste encore est celle de la connexion et de son débit (cf. les insuffisances des modems et du RTC) ; elle retarde notamment le développement de nouvelles fonctionnalités qui rendraient le Réseau totalement convivial et transparent (connexion constante, transmission en temps réel d'image et de son de haute qualité, fiabilité du débit...) et contribue à l'agacement des internautes.
Certaines des possibilités de l'Internet ne souffrent que modérément, pour l'instant, de ces problèmes techniques ; il s'agit du courrier électronique et des forums de discussion.